la belle histoire

Jordan’s Journal 1992

Merci Jordan, je me souviens de ces conversations que nous avons eu, ou j’essayais de te convaincre que tenir un journal est contre-productif pour un créatif, j’étais persuadé qu’une sorte de chimie cérébrale ne pouvait avoir lieu, dès lors que l’on fixait sur papier les évènements, qu’il fallait se laisser aller à une forme d’inquiétude, du temps qui passe, de flou et de déraison pour accompagner le processus créatif… Aujourd’hui quand je lis cet extrait, je suis tellement content de pouvoir revivre ces premiers moments de ma rencontre avec Dinouch… Si prémonitoires. On a eu une vie exceptionnelle Dinouch et moi, on est resté amoureux transis durant 17 ans…

…Mais si j’en crois ton journal, je vais devoir chanter le plus « beau » des blues : “If one day she leaves me for whatever reason, you’ve got to be there. You’ll hear me sing the most beautiful blues anyone’s ever heard.” Pourtant, aujourd’hui je n’ai vraiment pas envi de chanter… J’ai juste envi de crier à la lune, comme un chat qu’on égorge.

Voici la traduction d’un extrait du journal de Jordan

1er Mars 1992

[Paris] Une autre journée magnifique . Hier c’était le printemps, la première belle journée de l’année, et tout le monde était à l’extérieur. Patrick et moi étions aller boire un café à quelques mètres de son appartement, nous étions assis sur le mur du quai donnant sur la Seine, en consultant des listes d’annonces immobilières.

La vie de Patrick est si idylliquement parisienne,  c’en est à peine supportable. Toutes les cinq minutes il se passe quelque chose digne d’une scène d’un film français, parfaitement cadré et éclairé et tout et tout. Il arrête une fille dans la rue et elle lui donne du feu, il freine brusquement et saute de sa voiture pour s’intéresser à une grande feuille de métal rouillé que quelqu’un a déposé sur le trottoir, il pense qu’elle pourrait devenir un parfait plateau de table. En arrière plan, il y a La Seine, un vieil homme avec une canne, ou un groupe de jeunes filles ou quelque chose pour enlever tout doute sur l’endroit ou cela ce passe.. J’adore cette ville.

Tomi m’a appelé à partir d’une cabine téléphonique. C’était bon d’entendre sa voix. «Ah oui, Paris », at-elle soupiré. « Bien sûr, il s’agit d’une société matérialiste et sans cœur, mais il faut un certain temps pour le réaliser parce que c’est tellement beau. » Elle était profondément jalouse de me voir m’installer ici.

Je lui ai fait part de la suggestion de Patrick, que j’achète un appartement plutôt que d’en louer un. Elle a juste ri.

3 mars 1992

Ma première nuit au 1 rue du Four, Paris 6ème. Quel sentiment merveilleux, après six mois d’une vie passée à trimballer une valise, de se sentir quelque part chez soi. Patrick a été à mes côtés à chaque étape du processus. C’était son téléphone, sa voiture, son français qui m’ont permis d’arriver à ce résultat. Il a pris soin de moi, de la meilleure façon. J’ai l’impression que ce pourrait être le début d’une belle amitié.

Je suis à Paris. Je suis ici. Je vis ici. Wow.

9 mars 1992

Le plombier est venu réparer les toilettes. Mais ensuite, la première fois que je les ai utilisé, le contenu est réapparu via la vidange de la douche – ce n’était pas joli à contempler… Il s’est avéré qu’il m’avait effectivement demander de ne pas les utiliser, car il manquait une pièce qu’il avait oublié d’apporter avec lui, mais le fait de ne pas comprendre le français m’a amener à négliger ce détail mineur. Quelle honte. Quoi qu’il en soit, maintenant il fonctionne, semble-t-il.

Aussi, aujourd’hui, ma ligne de téléphone est ouverte. C’est une grande satisfaction.

Un colis DHL est arrivé de Broderbund. DHL et AT & T est mon seul lien avec le monde que j’ai laissé derrière.

J’ai besoin d’une amie.

J’ai besoin d’apprendre le français.

J’ai besoin de commencer à écrire quelque chose.

En dehors de cela, les choses sont très bien. Mon téléphone fonctionne. Mes toilettes aussi. Aucune plainte à formuler.

J’ai écouté et réécouter plusieurs fois le CD de Gainsbourg que Florence m’a donné. Black trombone.

16 mars 1992

Jamil a appelé pour dire: « Où étiez-vous samedi soir? C’était super … je suis arrivé chez moi à six heures le dimanche. « 

Nous sommes allés boire un verre avec Patrick.

« Quand tu retournera aux États-Unis», at-il dit, « tu sera heureux. Cela te prendra un certain temps, peut être six mois. Tu parleras une bon français, tu connaitra tous les noms des rues et tu saura où est exactement le musée du Louvre Alors tu seras être vraiment heureux de partir. « 

8 avril 1992

Patrick a des problèmes avec sa mère et son frère. Je lui ai demandé si il n’y a rien que je puisse faire.

Il a dit: « As-tu un billet pour la planète Mars? »

16 avril 1992

Patrick est tombé amoureux de sa voisine du bas.

20 avril 1992

La première très belle journée. Il était temps! Cet hiver a été long.

Patrick a laissé un message: « J’espère que tu vas bien … moi, je suis juste trop heureux « .

J’ai appelé Tomi. J’ai besoin de parler à quelqu’un qui m’a aimé. Elle a dit que Florence affirme que je suis l’apprentissage du français comme il n’y a pas de lendemain, et que Sallie dit que  Je vis une vie à la Henry James.

« tu as une vie de rêve », dit-elle. «Tu voyages, tu as des amis. Où est ton problème exactement? « 

23 avril 1992

Jamil et moi avons rencontré Dinouch et Patrick, à la galerie 88 pour le dîner. Ensuite nous sommes allés au piano-bar sur la rue Mazarine. Le joueur de piano à cet endroit est magnifique. Patrick a chanté un blues:

« Oh, je voudrais pouvoir trouver un moyen de te conduire à la femme qu’il te faut / Dans l’état où je suis / Quand je te vois si seul / Chaque fois que j’embrasse ma nana en face de toi, / Je me sens comme le salaud qui Je suis. « 

Un peu plus tard, il s’est penché vers moi et dit: « Tu veux savoir ce que ma copine m’a dit? Je lui ai dit: «Je suis désolé d’avoir agi de façon si stupide et d’avoir chanter en ce lieu. » Et elle a dit: «t’es le plus fort » J’ai dit: «Je suis désolé pour toi. » Elle a dit: «tu es méchant.  » J’ai dit  » C’est OK, parce que je suis dans le même état que toi. « 

Il a dit: « Si un jour, elle me quitte, pour une raison quelconque, tu devras être là. Tu m’entendra chanter le plus beau blues que personé n’ai jamais chanté. « 

Le joueur de piano joué « Lullaby of Birdland» et je chantonnais les parôles . J’ai dit à Patrick que ça avait été notre chanson à Tomi et moi.

Patrick a dit: « J’ai quelque chose à te dire et je vais le dire directement, en anglais. Il ya huit ans, je suis tombé amoureux comme je ne l’ai jamais été dans ma vie amoureuse. C’était  en 1984, et maintenant ça a autant d’importance pour moi que la bataille de Waterloo. « 

30 avril 1992

On se promène avec Dinouch et Patrick pour passer prendre Emmerich à l’hopital psy et le sortir pour partager une pizza. C’était la première fois que Dinouch rencontrait Emmerich.

De là, nous sommes allés à l’hôpital militaire afin de trouver une pierre de taille pour Patrick. Une la base militaire déserté en plein milieu de Paris. Pleine de fantômes.

Nous avons appelé George avec le téléphone de Patrick et il nous a raconter des émeutes de LA Nous pouvions entendre les sirènes en arrière-plan. Dinouch et Patrick et moi sommes allés au bar de l’île Saint Louis et nous avons regardé les émeutes de LA sur CNN. C’était la première fois que je me suis vraiment perçu comme un exilé.

8 mai 1992

Dîner avec Patrick dans un petit restaurant russe, sur la rive gauche qui propose 65 différentes sortes de vodka. Patrick et le propriétaire ont eu une longue conversation, que, grâce à un miracle causé par la vodka, j’ai été en mesure de suivre. Arthur H. vient très souvent ici. Patrick m’a raconté l’histoire de ma vie.

Nous sommes retourné au 8 rue Boutarel à deux heures du matin. Dinouch nous attendait. Elle a sauté dans les bras de Patrick comme un chat.

23 juin 1992

J’ai fini d’installer la part européenne de mes biens auxquels je tiens, dans mon nouveau studio à environ quatre heures du matin. Maintenant, je pars de Paris encore une fois, avec trois heures de sommeil et rien dans mon estomac à part du café.

Depuis (presque) quatre mois, j’ai vécu au 1 rue du Four, je me sentais comme un visiteur à Paris. Je savais que l’horloge tournée, que je n’avais l’appartement que jusqu’à la fin de l’été et que je devais en profiter un maximum. Maintenant, j’ai le sentiment d’avoir une maison.

« Jordan aménage au 8 rue Boutarel »

Le 8 rue Boutarel ne va pas disparaitre, Le loyer est tellement faible que à part en cas de faillite financière complète, il est difficile d’imaginer que je sois forcé de l’abandonner. Contrairement à New York, et à San Francisco, il n’est pas relié à un emploi ou une petite amie ou de toute autre partie de ma vie qui pourrait changer. C’est un refuge, un petit carré de terre, ou je peux toujours revenir. Je suis très heureux de l’avoir. Et la meilleure raison c’est que Patrick et Dinouch sont mes voisins. J’espère qu’ils resteront ensemble. J’espère qu’ils ne se quitteront jamais.

24 septembre 1992

[Paris, rue Boutarel] Il a plut toute la journée. Le genre de journée qui fait qu’il est difficile de se rappeler que le soleil brille parfois ici.

Acheté un écran pour mon nouvel ordinateur, je l’ai utilisé et fais sauter l’électricité de l’appartement. Par pure chance,  le groupe de Bernard jouait ce soir au restaurant Texas Blues et son batteur m’a expliqué la façon de connecter l’ordinateur de façon à ce que cela ne se reproduise plus.

27 septembre 1992

Un autre jour paresseux sur l’Ile. Moules-frites avec Dinouch, son oncle Jean-Louis et ses proches.

Dinouch avait le cafard, alors Patrick et moi avons apporté une bouteille de vin et trois verres à l’endroit où elle était assise seule a bord de la Seine, en train d’écrire une lettre. Elle se sentait un peu mieux, et nous avons bu la bouteille pendant que le soleil se couchait juste derrière Notre-Dame. « On a l’air de personnages dans un film de Jim Jarmusch, » a dit Patrick.

Quand Patrick revint du tabac,  Dinouch pris sa main et resta près de lui toute la soirée.

5 octobre 1992

Patrick et Dinouch et moi avons pris le RER jusqu’à la Gare de l’Est pour voir Xavier partir à son service militaire. Un train bourré d’adolescents hurlants à destination Strasbourg. C’était effrayant. Pauvre Xavier.

9 octobre 1992

C’est le premier anniversaire de mon arrivée à Paris. Je m’en suis rendu compte lorsque je suis allé au bureau de United pour tenter de changer la date de mon billet de retour et qu’on m’a dit : désolé, le billet n’est valable que pour un an. Je vais devoir partir demain matin, ou pas du tout.

15 octobre 1992

J’ai acheté un billet pour San Francisco pour jeudi prochain.

« Que fais-tu en France ? «  A dit Patrick. « Vas à San Francisco ! Termine le jeu ! Ils ont besoin de toi. Restes-y quelques mois

Original Extract from Jordan’s old journal

March 1, 1992

[Paris] Another glorious day. Yesterday was like spring, the first nice day of the year, and everybody was out and about. Patrick and I sat on the wall overlooking the Seine around the corner from his apartment, drinking coffee and going through apartment listings.

Patrick’s life is so idyllically Parisian I can hardly stand it. Every five minutes something happens that’s like a scene from a French movie, all perfectly framed and lit and everything. He stops a girl in the street and she gives him a light; or he slams on the brakes and jumps out to check out a big rusty sheet of metal that someone left propped up on the sidewalk that he thinks might make a perfect tabletop. And there’s the Seine in the background, or an old man with a cane, or a troop of schoolgirls or something, just to remove any doubt of where you are. I love this city.

Called Tomi from a phone booth. It was good to hear her voice. « Ah yes, Paris, » she sighed. « Of course, it’s a heartless and materialistic society, but it takes you a while to realize that because it’s so beautiful. » She was deeply envious that I’m moving here.

I told her Patrick’s suggestion that I buy an apartment instead of renting one. She just laughed.

March 3, 1992

My first night in 1 rue du Four, Paris XI. What a glorious feeling, after six months of living out of a suitcase, to be someplace I can call home. Patrick has been at my side every step of the way. It was his phone, his car, his French that saw me through. He’s been taking care of me in the best way. I think this could be the beginning of a beautiful friendship.

I’m in Paris. I’m here. I live here. Wow.

March 9, 1992

The plumber came and fixed the toilet. The first time I’d used it, the contents that I flushed came back up through the shower drain – not a pretty sight. It turned out he’d actually warned me not to use the toilet, because it was missing a part that he’d forgotten to bring with him, but not understanding French I’d somehow failed to pick up on this minor detail. How embarrassing. Anyway, now it works, supposedly.

Also, today the phone started working. It was quite a thrill.

A DHL package arrived from Broderbund. DHL and AT&T are my only link to the world I’ve left behind.

I need a girlfriend.

I need to learn French.

I need to start writing something.

Other than that, things are just fine. Phone works. Toilet works. No complaints.

I’ve been playing this Gainsbourg record over and over, the one Florence gave me. Black trombone.

March 16, 1992

Jamil called to say: « Where were you Saturday night? It was great… I got home six pm Sunday. »

Went for a drink with Patrick.

« When you go back to the U.S., » he said, « you’re gonna be happy. It may take a while. It may take six months. You’ll be speaking the good French, you’ll know all the names of the streets and where is the Louvre exactly, and you’re gonna be really happy to leave. »

April 8, 1992

Patrick has been having problems with his mother and brother. I asked if there was anything I could do.

He said: « Do you have a ticket to the planet Mars? »

April 16, 1992

Patrick has been falling in love with his downstairs neighbor.

April 20, 1992

The first really nice day. About time! It’s been a long winter.

Patrick left a message: « Hope you’re fine… me, I’m just fucking happy. »

I called Tomi. I needed to talk to somebody who loved me. She said Florence told her I’m learning French like there’s no tomorrow and that Sallie told her I’m living a life right out of Henry James.

« You have a dream life, » she said. « You’re travelling, you have friends. What exactly is the problem? »

April 23, 1992

Jamil and I met Dinouch and Patrick at the Galerie 88 for dinner.  Afterwards we went to the piano bar on the rue Mazarine.  The piano player in that place is great.  Patrick sang the blues:

« Oh, I wish I could find some way to lead you to the right girl / In this state I’m in / When I see you so alone / Every time I kiss my girl in front of you / I feel like the bastard that I am. »

A little later he leaned over and said « Know what my girl said to me?  I told her ‘I’m sorry for acting so stupid and singing in this place.’  And she said ‘You’re the greatest.’  I said: « I’m sorry for you.’  She said: ‘You’re mean.’  I said ‘It’s OK, because I’m in the same state you are.' »

He said: « If one day she leaves me for whatever reason, you’ve got to be there. You’ll hear me sing the most beautiful blues anyone’s ever heard. »

The piano player played « Lullaby of Birdland » and I sang along.  I told Patrick that had been Tomi’s and my song.

Patrick said: « I’ve got something to say to you and I’m gonna say it straight, in English.  Eight years ago, I fell in love like I never was in love in my life. That was 1984, and now it’s as long ago as the Battle of Waterloo. »

April 30, 1992

Rode along with Patrick and Dinouch to pick up Emmerich at the psych institute and take him out for a pizza.  It was the first time Emmerich met Dinouch.

From there we went to the military hospital to find a stone for Patrick.  A deserted military base right in the middle of Paris. Full of ghosts.

We called George from Patrick’s phone and he told us about the riots in L.A.  We could hear the sirens in the background.  Patrick and Dinouch and I went to the bar on the Ile and we watched the L.A. riots on CNN.  It was the first time I really felt like an exile.

May 8, 1992

Dinner with Patrick in a little Russian restaurant on the left bank that has 65 different kinds of vodka. Patrick and the owner got into a long conversation which, thanks to some miracle wreaked by the vodka, I was actually able to follow. Arthur H. comes there a lot.  Patrick told me my life story.

We got back to 8 rue Boutarel at two in the morning. Dinouch was waiting. She jumped into Patrick’s arms like a cat.

June 23, 1992

Finished moving my worldly goods, European division, into my new studio at around four o’clock in the morning. Now I’m leaving Paris yet again, on three hours of sleep and nothing but coffee in my stomach.

The (almost) four months I lived at 1 rue du Four, I felt like a visitor to Paris. I knew the clock was ticking, that I only had the apartment until the end of summer and I had to make the most of it. Now, I feel like I have a home.

8 rue Boutarel isn’t going away. The rent is so low that barring complete financial ruin, it’s hard to imagine I’ll ever be forced to give it up. Unlike New York, unlike San Francisco, it’s not connected to a job or a girlfriend or any other part of my life that might change. It’s a retreat, a little square of earth I can always return to. I’m so happy to have it. And the best part is, Patrick and Dinouch are my neighbors. I hope they stay together. I hope they never leave.

September 24, 1992

[Paris, rue Boutarel] It’s been drizzling all day. The kind of day that makes it hard to remember the sun ever shines here.

Bought a monitor for my new computer, carried it back here and I used it to blow out the power in the apartment. By sheer luck, Bernard’s band was playing that night at the Texas Blues restaurant and his drummer explained to me how to connect the computer so that wouldn’t happen again.

September 27, 1992

Another lazy day on the Ile.  Moules et frites with Dinouch’s folks and her uncle Jean-Louis.

Dinouch was feeling down, so Patrick and I brought a bottle of wine and three glasses to where she was sitting alone by the Seine writing a letter. She cheered up slightly, and we drank the bottle as the sun set behind Notre Dame. « We’re like characters in a Jim Jarmusch movie, » Patrick said.

When Patrick got back from buying cigarettes Dinouch took his hand and stayed close to him all evening.

October 5, 1992

Patrick and Dinouch and I took the RER to Gare de l’Est to see Xavier off to his military service.  A train full of screaming teenagers bound for Strasbourg.  How scary.  Poor Xavier.

October 9, 1992

It’s my one-year anniversary since I came to Paris. I realized this when I went to the United office to try to change the date of my still-unused return ticket and was told that, sorry, the ticket is only good for one year. I’ll have to leave tomorrow morning or not at all.

October 15, 1992

I bought a ticket for San Francisco for next Thursday.

« What are you doing in France? » Patrick said. « Go to San Francisco! Finish the game! They need you. Stay for a couple of months. Nothing’s going to happen here. We won’t forget you. »

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s