la belle histoire/toi

Premiers moments…

Jan Janvier 1993, Ile Saint-Louis, Paris. J’ai encore un problème de découvert bancaire, j’ai rendez-vous rue Cambon, c’est une agence très chique, à côté du magasin Hermès, une ex banque suisse en plein Paris, rachetée depuis peu par la BNP. C’était la banque de mes parents quand je suis arrivé en France, en tant que résidents à l’étranger ils avaient pris un compte en francs convertible au début des années 80 quant la France à instauré le contrôle des changes. Du coup, je me déguise, costard cravate et chemise repassée histoire de me sentir à l’aise en face de mon conseillé, qui voudrait bien clôturer mon compte… L’interrupteur sonne, une voix de fille me demande si elle peut me voir quelques minutes pour le studio à louer… Je lui ouvre la porte et je mets mon manteau en la rejoignant dans l’escalier… Je n’ai pas envie de la recevoir chez moi, je vis dans 17 mètres carrés, qui me servent aussi d’atelier…
Je la rencontre dans la pénombre du palier du premier étage, elle est décontenancée, je lui explique que je dois partir bientôt et que le studio est au rez-de-chaussée… Je lui propose de lui faire visiter le studio dont j’ai un double des clefs, mais de ne pas dire à l’agence qu’elle l’a déjà vue, car on leur a annoncé que les clefs étaient perdues… En fait cela me permettait de choisir le futur locataire, d’essayer d’y placer des amis. En sortant de l’immeuble, je lui demande si elle n’a pas froid, si on peut attendre quelque minute, car le propriétaire va bientôt descendre, sa voiture est encore là. Elle me dit, « – non pourquoi ? » sur un ton de défi. On reste planté là dans la lumière d’un timide soleil d’hivers, à attendre, en faisant de grands nuages de buée à chaque respiration, je la découvre à ce moment. Elle a une peau de lait, elle est très cambrée, elle s’efforce de cacher ses fesses rebondies, ses jambes interminables et fines luttent contre le froid en changeant de position, ce qui lui donne l’air de danser lentement dans le frimât, alors que nous laissons de longs silences s’installer. Ses cheveux noirs où s’emmêlent déjà des traits blancs encadrent ses grands yeux vert sombre que j’ai du mal à soutenir. Comme seul maquillage elle porte un rouge à lèvre trop rouge, décalé à cette heure là, sur sa bouche trop grande. On parle de Jean-Marie, qui a insisté pour qu’elle emménage ici. Elle me dit commencer un stage dans quelques mois pour devenir hôtesse de l’air. Le propriétaire arrive enfin, je lui présente « Dinouch Leneugar qui va peut-être s’installer ici comme la fille d’amis de mes parents qui vivent en province, du côté du Harat du Pin. » Le propriétaire me rappelle qu’il a délégué à l’agence de location le soin d’établir les dossiers et de gérer les locations, je le rassure en lui disant que je le sais, mais qu’il m’a semblé correcte de lui présenter Dinouch, puisque nous nous rencontrions par hasard devant l’immeuble… Il est éditeur et je l’ai parfois surpris avec de très jolies filles durant les absences de sa femme. Dinouch est interloquée.
Nous partons boire un café au Saint-Louis en l’Isle où j’ai mes habitudes et je lui propose de l’accompagner dans l’agence à 10 heures, Dinouch : « Mais votre rendez-vous, je ne voudrais pas vous mettre en retard ». Elle m’a vouvoyé spontanément, ce qui me fait sourire, j’ai 27 ans, je suis sculpteur, je cultive un peu mon look débraillé, artiste… On me vouvoie rarement… Mais aujourd’hui, je me suis déguisé pour aller voir mon banquier. Nous arrivons à l’agence et je présente Dinouch, comme la future locataire du 8 rue Boutarel, j’explique qu’elle a rencontré le propriétaire, qui m’a demandé de la conduire ici pour mettre en place le dossier… Dinouch sourit, elle comprend mon insistance pour attendre le passage du propriétaire devant la porte de l’immeuble ce matin-là et me montre d’un regard qu’elle est amusée par ma façon de décaler la réalité des faits sans pour autant mentir vraiment… Je prends congé et je la laisse aux mains de la paperasserie…
Elle a à peine vingt-trois ans quand elle emménage et des dizaines de bandes dessinées dans ses bagages…

Janvier 1992, Paris. J’ai encore un problème de découvert bancaire, j’ai rendez-vous rue Cambon, c’est une agence très chique, à côté du magasin Hermès, une ex banque suisse en plein Paris, rachetée depuis peu par la BNP. C’était la banque de mes parents quand je suis arrivé en France, en tant que résidents à l’étranger ils avaient pris un compte en francs convertible au début des années 80 quant la France à instauré le contrôle des changes. Du coup, je me déguise, costard cravate et chemise repassée histoire de me sentir à l’aise en face de mon conseillé, qui voudrait bien clôturer mon compte… L’interrupteur sonne, une voix de fille me demande si elle peut me voir quelques minutes pour le studio à louer… Je lui ouvre la porte et je mets mon manteau en la rejoignant dans l’escalier… Je n’ai pas envie de la recevoir chez moi, je vis dans 17 mètres carrés, qui me servent aussi d’atelier…

Je la rencontre dans la pénombre du palier du premier étage, elle est décontenancée, je lui explique que je dois partir bientôt et que le studio est au rez-de-chaussée… Je lui propose de le lui faire visiter car j’ai un double des clefs, mais de ne pas en parler  à l’agence, car je ne suis pas sensé avoir ces clefs… En fait cela me permettait de choisir le futur locataire, d’essayer d’y placer des amis. En sortant de l’immeuble, je lui demande si elle n’a pas froid, si on peut attendre quelque minute, car le propriétaire va bientôt descendre, sa voiture est encore là. Elle me dit, « – non je n’ai jamais froid » sur un ton de défi. On reste planté là dans la lumière d’un timide soleil d’hivers, sur le quai de l’Ile Saint-Louis, à attendre, en faisant de grands nuages de buée à chaque respiration, je la découvre réellement à ce moment là. Elle a une peau de lait, elle est très cambrée mais elle s’efforce de cacher ses fesses, ses jambes interminables et fines luttent contre le froid en changeant de position, ce qui lui donne l’air de danser lentement dans le frimât, alors que nous laissons de longs silences s’installer. Ses cheveux noirs où s’emmêlent déjà des traits blancs encadrent ses grands yeux vert sombre que j’ai du mal à soutenir. Comme seul maquillage elle porte un rouge à lèvre trop rouge, sur sa bouche trop grande. On parle de Jean-Marie, qui a insisté pour qu’elle emménage ici. Elle me dit commencer un stage dans quelques mois pour devenir hôtesse de l’air. Le propriétaire arrive enfin, je lui présente « Dinouch Leneugar qui va peut-être s’installer ici comme la fille d’amis de mes parents qui vivent en province, du côté du Harat du Pin. » Le propriétaire me rappelle qu’il a délégué à l’agence de location le soin d’établir les dossiers et de gérer les locations, je le rassure en lui disant que je le sais, mais qu’il m’a semblé correcte de lui présenter Dinouch, puisque nous nous rencontrions par hasard devant l’immeuble… Il est éditeur et je l’ai parfois surpris avec de très jolies filles durant les absences de sa femme, cela me permet une certaine connivence. Dinouch est interloquée, assez mal à l’aise, elle ne comprend pas encore le sens de cette rencontre avec son futur propriétaire…

Nous partons boire un café au Saint-Louis en l’Isle où j’ai mes habitudes et je lui propose de l’accompagner dans l’agence à 10 heures, Dinouch : « Mais votre rendez-vous, je ne voudrais pas vous mettre en retard ». Elle m’a vouvoyé spontanément, ce qui me fait sourire, j’ai 26 ans, je suis sculpteur, je cultive un peu mon look débraillé, artiste… On me vouvoie rarement… Mais aujourd’hui, je me suis déguisé pour aller voir mon banquier. Nous arrivons à l’agence et je présente Dinouch, comme la future locataire du 8 rue Boutarel, j’explique qu’elle a rencontré le propriétaire et qu’il m’a demandé de la conduire ici pour mettre en place le dossier… Dinouch sourit, elle comprend mon manège devant la porte de l’immeuble ce matin-là et me montre d’un regard qu’elle est amusée par ma façon de décaler la réalité des faits sans pour autant mentir vraiment… Je prends congé et je la laisse aux mains de la paperasserie…

Elle a à peine vingt-deux ans quand elle emménage et des dizaines de bandes dessinées dans ses bagages…

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