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Les mains dans les poches

Je marchais, mes mains engoncées dans ce blouson bleu pale que j’aimais tant,  je rentrais de l’école, je ne sais plus à quoi je rêvais ce jour là, je rêvais souvent, je rêve encore souvent, vagabond de mon imaginaire, j’ai toujours protégé cette capacité à vivre d’autres vies, à accéder à d’autres dimensions de l’espace temps, pour remplir ces petits blancs de l’existence, m’arranger avec les limites du réel pour vivre d’autres possibles. 

Je marchais, loin de tout, quand je me retrouvai projeté en avant, le visage écrasé par terre, dans les graviers, mes mains encore emprisonnées dans mes poches, le souffle coupé, incapable de bouger, de crier, à terre. 

Je me souviens de cette sensation de froid, je mourrai. Je ne savais ce qui était arrivé, on m’avait poussé dans le dos, violemment, je restais là, allongé de tout mon long, brisé, à la limite de la perte de conscience, en baisse de tension, en hypoglycémie. 

J’ai dû finir par le relever, par retrouver mon chemin, je me souviens juste des graviers incrustés dans mon nez, mes joues.

Et puis des fois, hier, ou aujourd’hui, de la même façon, je retrouve cette sensation, je bascule, et perds pied. Ce n’est pas la main lâche d’un gamin revanchard, c’est mon téléphone qui sonne dans mes mémoires d’avant, et je retrouve mon chemin, mes automatismes, sans être là, je ne suis plus là. Je n’ai pas de gravillons plantés dans les joues, juste un sourire amer.

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