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Mélancolique. 

On m’a dit, tu es un mélancolique, comme on dit, tu es joyeux, ou drôle, comme on dit, il fait jour, comme une évidence dans laquelle je ne me reconnais pas. C’était sans doute, un compliment, mais je l’ai entendu, comme si elle avait dit, tu es alcoolique, en me glissant une carte d’un groupe de soutien des AAA. Alors je me révolte contre ce mot, contre sa sonorité dégoulinante, il se pose comme un diagnostic, médical.

Mélancolique, non, j’ai soif de vivre, de rire, je sais trop la mort, pour ne pas vivre l’instant, je sais chaque battement de cœur, je me révolte contre l’ennui, je tisse mes souvenirs comme on se parachute pour affronter les batailles à venir. 

  J’écris sans fards, sans détours, à nu, comme je vis, sans me protéger des coups, sans armure, sans mesure. Alors je trébuche, je dérape, je tombe à terre, plus que d’autres, peut-être. Je refuse de vivre à moitié, la vie est déjà si courte, je me réserve le droit d’un couffin capitonné, de velours rouge, je veux ce confort-là le jour où on m’enterrera. C’est à toucher les étoiles du doigt que j’aspire, à l’impossible joie, à vivre à nouveau aussi haut que j’ai vécu. Que je sois damné d’avoir connu le bonheur d’aimer et d’être aimé en retour sans pouvoir me résigner à vivre pour vivre, et laisser couler la douceur des jours tièdes et ne pas exiger à nouveau l’absolu, la passion, le désir, qui a été.

Ce matin, je prenais un café, et je regardais les inconnus, les fatigués, les pressés, les flâneurs, autour de moi.

Je lisais souvent dans leurs visages, les traces passées d’immenses chagrins, de drames, dans leur regard, dans leurs rides d’amertume, de larmes trop retenues. Le sort nous frappe tous, sans distinction, parfois si fort, d’autrefois trop souvent. Mais j’ai eu beaucoup plus de mal à retrouver des indices de folie, de démesure, de passion. Pourtant j’ai croisé des regards, des gestes, qui trahissaient des bonheurs intenses, des bonheurs oubliés parfois, des bonheurs perdus, les bonheurs présents sont évidents. Ils dansent autour de ceux qui les vivent.

Le bonheur est rare, disait Gainsbourg, mais il vaut tous les risques. Il ne survit pas au compromis, c’est sans doute ce qui fait de lui, une exception.

Une seule fois dans ma vie j’ai rencontré quelqu’un qui était étranger au compromis. J’ai vécu dix-sept ans intenses, et seul un mauvais hasard, aidé d’une conne embourgeoisée a pu mettre fin à notre histoire.

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