Plaisir de conduire

à Claude GOT

Dans votre article, il reste un point commun à tous ces accidents que vous ne relevez pas : Tous ces conducteurs conduisaient par plaisir hormis Louis Nucera qui était à vélo). Ils ont  eu cette démarche consistant à mélanger le besoin de se déplacer et « le plaisir de conduire » …

En fait, je pense que la problématique profonde que nous affrontons quand nous voulons diminuer ce chiffre encore obsédant de plus de 4 milles morts par an est en grande partie due à cette tolérance, à cette idée communément admise que conduire est un plaisir… La publicité automobile ne parle plus ouvertement de vitesse et c’est un énorme progrès, hélas elle communique toujours sur le plaisir de conduire…

Dans les auto-écoles, on enseigne la conduite comme un acte complexe, nécessitant de bons réflexes et un apprentissage soutenu, le permis de conduire est présenté comme un examen difficile, qu’il faut réussir… je pense que cette démarche est fausse, (ce qui expliquerait que les jeunes conducteurs aient tant d’accidents), je pense que cette démarche est antinomique avec l’attitude qu’il faudrait promouvoir :  » Conduire est facile dès que l’on respecte le code de la route, conduire est fatigant, conduire est de par nature désagréable… La route n’est pas ludique… Conduire ne fait de vous un être libre, mais un être responsable ; si vous faites des écarts vous serez passible des peines suivantes… ; Si vous blessez ou si vous tuez quelqu’un par négligence de règles… »

Je tenais à vous remercier pour votre travail et je vous souhaite bonne continuation…

Destins ou accidents

Jean BayletAlbert CamusColuchePierre LefaucheuxRoger NimierFernand RaynaudLouis Nucera

Nous vivons dans un pays où la sécurité est à un niveau particulièrement élevé. Cela ne signifie pas que l’insécurité ne soit pas ressentie. Avoir une des espérances de vie parmi les plus élevées au monde ne facilite pas l’acceptation des facteurs résiduels de mort prématurée. A l’opposé nous ressentons comme particulièrement intolérables certains d’entre eux, sans que notre attitude ait toujours un fondement rationnel. Les niveaux de risque perçus et leur acceptabilité dépendent de représentations sociales et personnelles, ils ne se résument pas à des statistiques.

L’accident de la route est un événement banal paraissant avoir perdu toute aptitude à susciter l’émotion. Un accident de train en gare de Lyon ou un attentat dans le RER provoquent une indignation et un souvenir durables, car nous sommes habitués à des années entières sans accident mortel sur les rails et sans terrorisme meurtrier. Un plus grand nombre de morts quotidiennes sur les routes semble avoir usé les capacités d’indignation. Comme on acquitte un péage d’autoroute, on accepte de payer en vies humaines le libre usage d’une voiture ou d’un vélo. Exceptionnellement, quand un car transportant des enfants brûle près de Beaune, ou quand des dizaines de véhicules s’encastrent les uns dans les autres lors d’une collision provoquée par la vitesse excessive dans le brouillard, l’indignation réapparaît pour quelques jours. Il faut lutter contre cette usure de l’émotion et faire percevoir l’accident de la route comme un risque affectif intolérable au niveau où il se situe dans notre pays. Si nous voulons éviter de pleurer sur nos proches, nous devons d’abord faire la différence entre l’effet du hasard dans le choix des victimes et l’absence de hasard dans le nombre de tués observés dans un pays chaque année.

Après une mort accidentelle, les commentaires des familiers peuvent être émaillés de « ça devait finir comme çà » indicateurs d’un comportement à risque connu, faisant redouter l’événement qui s’est produit. Des habitudes de conduite sous l’influence de l’alcool, un intérêt passionné pour les motos rapides pouvaient être les signes faisant prévoir l’accident. Dans d’autres cas, plus fréquents, rien de tel n’était perceptible, l’événement semble totalement imprévisible et relever de l’erreur humaine inévitable, indissociable du déplacement facile dont nous bénéficions. C’est cette perception du rôle du hasard qui démobilise, on ne lutte pas contre la roue de l’infortune. Nous avons besoin de replacer l’accident dans une perspective différente, en allant de l’individu vers un système, pour mieux maîtriser ce dernier.

Aller du particulier au général n’est pas une démarche originale dans la connaissance, encore faut-il l’entreprendre pour faire sortir l’accident du domaine des faits divers et des perceptions personnelles. Une démocratie ne peut faire évoluer le risque accidentel par des choix politiques émanant des seuls dirigeants. Elle doit faire accepter les mesures qui réduisent le risque en développant une connaissance et une réflexion autour de cet événement si particulier, la mort accidentelle, à la fois destin personnel paraissant le produit du hasard et produit parfaitement prévisible d’un système organisé par une société.

Destins publics

Il y a des accidents qui détruisent un individu ou une famille, d’autres atteignent également la collectivité quand celui qui disparaît a une position publique transformant sa mort en un événement perçu avec tristesse par une région, un pays ou l’humanité. Je pouvais choisir des exemples dans les pilotes de formule 1 pour montrer que les meilleurs conducteurs du monde sont ceux qui se tuent le plus, mais les routes ordinaires ne sont pas des circuits et la course n’est pas la motivation de la majorité des automobilistes. J’ai préféré retenir les morts que j’avais en mémoire et dont la vie avait un sens pour notre société. Albert Camus, Roger Nimier, Fernand Raynaud, Coluche, Pierre Lefaucheux, Jean Baylet, Louis Nucera, occupaient un espace qui débordait leur environnement immédiat. Ils faisaient partie d’un patrimoine collectif aussi irremplaçable qu’un tableau qui brûle ou une ville détruite par un bombardement. Les commentaires de l’accident qui a supprimé leur contribution à notre vie donnent des indications sur la perception et l’interprétation de ce type d’événement. Les explications techniques sont habituellement d’une grande faiblesse, les détails personnels plaçant au second rang l’accident lui même. Le manque de recul par rapport à la mort sur la route est évident, la disparition de ces hommes ne provoquait pas la mise en question d’un système de transport échappant à notre contrôle.

11 février 1955

Route Nationale 4 à l’entrée de St Dizier

Le directeur de Renault Pierre Lefaucheux perd le contrôle de sa Frégate. Il avait 56 ans.

Edouard Seidler présente cette mort de la façon suivante dans son livre « Le roman de Renault » :

Lefaucheux a promis de donner une conférence au foyer des étudiants catholiques de Strasbourg. Il a en poche son billet de chemin de fer, le temps est mauvais, on craint du verglas. Au dernier moment, il décide pourtant qu’il ira à Strasbourg en voiture. « j’arriverai plus vite » dit-il. Il était un pilote moyen lors de son arrivée à Billancourt. Il est devenu un conducteur rapide et passionné. Il aime conduire et conduit beaucoup, se pique de faire jeu égal avec les essayeurs ; c’est pour lui un moyen de plus de faire corps avec son entreprise. Il jette sa valise sur le siège arrière de la Frégate et met les gaz. Le ciel est bas, gris. En vue de St Dizier, il est surpris par un panneau de déviation. Il pourrait continuer tout droit. Il tente néanmoins de négocier la courbe à gauche dans le sens de la déviation. Il freine mais hélas sur une plaque de verglas. La voiture fait un tête à queue, sort de la route en tonneau, et s’immobilise dans un champ en contrebas. L’habitacle est à peu près intact. Mais Pierre Lefaucheux a été tué net par la projection de sa valise, qui l’a frappé à la nuque.

29 mai 1959

Route nationale 113 entre Villenouvelle et Villefranche de Lauragais

Le directeur général de « La Dépêche du Midi » Jean Baylet heurte un motocycliste qui croisait sa direction et heurte un arbre. Il avait 55 ans.

La Dépêche du Midi du 30 mai 1959 :

Il revenait de Prades (Pyrénées Orientales) où il était allé rendre visite au Président Albert Sarraut, actuellement malade dans cette localité. Il roulait à vive allure sur la nationale 113, droite dans cette partie, lorsqu’un motocycliste roulant en sens inverse lui coupa la route pour s’engager dans un petit chemin sur la gauche. Malgré tous ses efforts, qu’attestent les traces de freinage sur plusieurs mètres, Jean Baylet qui se trouvait seul au volant de sa puissante voiture, ne put éviter la collision. Le motocycliste, M.Antonin Gendreu, employé de la SNCF âgé de 32 ans, demeurant à Villenouvelle, pris de plein fouet était projeté à plusieurs mètres et tué sur le coup, tandis que la voiture venait s’écraser contre un arbre. Jean Baylet devait décéder quelques instants plus tard.

4 janvier 1960

Route Nationale numéro 5 entre Sens et Fontainebleau

Albert Camus est tué dans la Facel Véga conduite par Michel Gallimard. Il avait 43 ans.

Le Monde du 6 janvier 1960 :

C’est vers 14 h 15 que s’est produit sur la route nationale numéro 5, à vingt quatre kilomètres environ de Sens, entre Champigny sur Yonne et Villeneuve la Guyard, l’accident qui a coûté la vie à Albert Camus. La voiture, une Facel Vega, se dirigeait vers Paris. L’écrivain était à l’avant, à côté du conducteur M. Michel Gallimard. D’après les premiers témoignages, la puissante automobile qui roulait à une très vive allure – 130 kilomètres à l’heure selon certains – a brusquement quitté le milieu de la route, toute droite à cet endroit, pour s’écraser contre un arbre à droite de la chaussée. Sous la violence du choc la voiture s’est disloquée. Une partie du moteur a été retrouvée à gauche de la route, à une vingtaine de mètres, avec la calandre et les phares. Des débris du tableau de bord et des portières ont été projetés dans les champs dans un rayon d’une trentaine de mètres. Le châssis s’est tordu contre l’arbre. D’après les premières constatations de la gendarmerie, l’accident aurait été provoqué par l’éclatement d’un pneu gauche, mais cette version n’est pas encore confirmée. Il n’est pas impossible que le conducteur ait eu un malaise.

28 septembre 1962

Autoroute de l’ouest

Roger Nimier perd le contrôle de son Aston Martin DB4.

Le Journal du Dimanche du 30 septembre 1962 :

L’écrivain Roger Nimier s’est tué vendredi soir en voiture, à l’âge de 36 ans, sur l’autoroute de l’ouest. Dans son Aston Martin qui s’est écrasée à très grande vitesse sur le parapet du pont qui enjambe le carrefour des RN 307 et 311, à la Celle Saint Cloud, avait pris place la jeune romancière Sunsiaré de Larcône, 27 ans, qui est morte elle aussi.

La voiture, qui roulait à plus de 150 à l’heure en direction de la province, se trouvait sur la gauche de la chaussée, lorsqu’elle vira brusquement à droite en amorçant un « freinage à mort ». Elle faucha sept énormes bornes de béton avant d’aller s’écraser contre le parapet du pont… Nimier avait eu déjà une Jaguar et une Delahaye. Ses voitures étaient ses jouets préférés. Il en parlait longuement. Il écrivait à leur propos. Dans un de ses livres, il décrit un accident d’auto.

28 septembre 1973

Route près de Riom

Fernand Raynaud se déporte dans un virage et heurte de face une bétaillère. Il avait 47 ans.

France Soir du 21 octobre 1973 :

On n’a pas fini de s’interroger sur les circonstances exactes de la mort de Fernand Raynaud : vitesse excessive ou malaise ? L’enquête s’annonce difficile. Une chose est sûre : le virage dans lequel le coupé Rolls (modèle 1968) du célèbre fantaisiste s’est déporté, avant le choc contre la bétaillère jouit dans le pays d’une double et paradoxale réputation : insignifiant pour les uns, « traître »  pour les autres. A la gendarmerie de Riom, on estime qu’il ne présente pas de danger particulier à condition de l’aborder à une vitesse raisonnable. Pourtant on y dénombra d’autres morts : quatre Portugais voilà moins de trois mois, trois jeunes gens en « 2 CV » il y a quelques semaines et maintenant Fernand Raynaud…

19 juin 1986

Route de Valbonne à Opio dans les Alpes Maritimes

Coluche heurte avec sa Honda 1100 un camion qui manœuvre en travers de la chaussée. Il avait 42 ans.

Libération du 20 juin 1986 :

En traversant la petite commune résidentielle d’Opio, Coluche engagea sa moto dans un virage, à la hauteur d’un camping caravaning, le Caravan Inn. A cet instant précis, un semi-remorque de 38 tonnes était en train de manœuvrer dans l’entrée du camping, bouchant complètement la petite départementale. Coluche ne put rien faire pour éviter le choc. La moto percuta l’avant du semi-remorque. Le choc fut très violent car le casque que portait Coluche éclata en heurtant le phare avant droit du camion. Le comédien fut tué sur le coup.

Les premiers témoignages recueillis par les gendarmes semblent montrer que le comédien roulait à très grande vitesse. Plusieurs automobilistes auraient confirmé qu’ils avaient été doublés par cette grosse moto noire qui roulait à une vitesse « impressionnante », propos confirmés par le chauffeur du semi-remorque. « Il roulait tellement vite qu’il n’a pu voir mon camion qu’au dernier moment. Il n’a même pas eu le temps de freiner, car il n’y a aucune trace de freinage sur la route », déclarait le chauffeur du camion.

9 août 2000

Première avenue, dixième rue, zone industrielle de Carros dans les Alpes Maritimes

Louis Nucera se promène à vélo, il est heurté par un véhicule allant dans le même sens que lui alors qu’il se prépare à tourner à gauche.

L’Equipe du 10 août 2000

L’écrivain niçois Louis Nucera, 72 ans, est mort, renversé accidentellement hier matin sur la commune de Carros, dans l’arrière pays niçois, lors d’une ballade à vélo, sa seconde passion après les lettres. Arrêté sur l’axe central de la chaussée, dans la zone industrielle de Carros, il a été violemment heurté par une voiture qui doublait sans visibilité et dont le chauffeur a été placé en garde à vue.

Sept accidents très différents, avec cependant un point commun : les véhicules impliqués roulaient trop vite et la plupart d’entre eux étaient inutilement puissants. Dans la majorité de ces cas, la situation sociale de leurs propriétaires leur avait permis d’accéder à des instruments offrant des possibilités de vitesse très élevées, inutiles et dangereuses.

Deux de ces propriétaires-conducteurs, Roger Nimier et Coluche, avaient une attitude face à la vitesse et à la mort qui augmentait le risque d’accident. Ce dernier ne peut être considéré comme un élément fortuit de leur destin, il était étroitement lié à leur comportement, à leur passion des véhicules rapides, à une recherche de l’émotion liée à la vitesse et au danger.

Albert Camus était passager d’un véhicule de luxe dont le caractère hybride associant un moteur américain puissant et lourd à une carrosserie de conception européenne était une bizarrerie de l’histoire de l’automobile. Le rôle d’un accident mécanique a été évoqué pour expliquer cet accident, il n’y a pas de fait objectif qui le prouve. Le caractère improvisé du retour en voiture vers Paris, Camus avait acheté son billet de train avant la proposition de Gallimard, semble faire de cet accident une manifestation de la destinée dans son expression la plus aléatoire. Cependant des éléments qui ne le sont pas ont aidé le destin. Fallait-il un moteur de plus de cent chevaux pour propulser une voiture sur les routes de 1960 ? les quatre occupants auraient-ils envisagé un tel parcours avec un autre véhicule plus lent ?

Lefaucheux s’est tué dans un contexte différent, là encore perte de contrôle d’un véhicule, la chaussée glissante augmentait le risque, comme la motorisation spéciale de la Frégate conduite par le PDG de Renault.

L’accident de Fernand Raynaud semble d’une grande banalité, une perte de contrôle dans un virage avec un choc frontal contre un véhicule venant en sens inverse. La voiture semble de tout repos, comme la Facel Vega, une Rolls n’est pas une Aston Martin. Il s’agit cependant d’un véhicule très puissant, isolant le conducteur de son environnement par le silence et le confort.

La mort de Jean Baylet semble également appartenir au domaine de la fatalité, un homme dont toute la vie politique et éditoriale, le passé de résistant ayant survécu à la déportation, témoignaient d’aptitudes hors du commun s’est fait piéger sur une ligne droite par la trajectoire d’un motocycliste qui avait mal apprécié sa vitesse.

Louis Nucera, prix Interallié en 1981 pour son roman Chemin de la lanterne a été la victime du non respect d’une limite de vitesse à 70 km/h dans une zone industrielle. France Soir cite un livreur de l’entreprise d’électricité voisine : « Ici personne ne respecte la limitation de vitesse ».

Ces morts particulières par la personnalité des victimes le sont également par la typologie de la majorité de ces accidents : défaut de contrôle de véhicules rapides par des conducteurs dont les aptitudes n’étaient pas en relation avec les possibilités de l’outil dont ils disposaient. Ces accidents font comprendre une notion qui dominera les problèmes abordés sur ce site. La mort sur la route résulte d’une relation entre un utilisateur, un outil et un environnement. Il ne faut jamais réduire l’événement à l’un de ces trois partenaires et imaginer que l’on peut atteindre l’efficacité maximale en limitant les actions à l’un d’entre eux. Un système doit être envisagé dans son ensemble.

Morts publiques – Morts privées

Les morts accidentelles de personnes connues sont ressenties comme une perte par une collectivité qui appréciait l’apport de ces individus au groupe. Quand un anonyme qui est plus important que tout autre personne pour ses proches, un enfant, un mari, une mère, disparaît à la suite d’un accident de la route, l’évènement relève de la douleur privée. Les proches vont ressentir cette disparition à sa juste valeur, mais son retentissement ne dépassera pas leur cercle, quelques lignes dans un journal local traduiront pour la collectivité ce fait divers dans des termes répétitifs qui ôtent toute valeur personnelle à ce drame. Lors de la conception de ce  site j’avais l’intention de créer une forme de mémorial électronique qui associerait les noms de victimes de la route, leur âge, la date de l’accident. Je n’ai pas encore pu le faire mais cette idée me semble utile pour lutter contre l’oubli, et je ne désespère pas d’avoir un jour le temps de la mettre en oeuvre, à moins que quelqu’un d’autre ne la reprenne à son compte. Ces milliers de visages donneraient une réalité à la fois humaine et concrète à ce drame en grande partie évitable au prix de contraintes limitées.

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